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GAME OF THRONES À L’ICART BORDEAUX

Le producteur exécutif de Game of Thrones, Franck DOELGER, était l'invité d'ICART Bordeaux. Il a livré aux étudiants les secrets du monde de la production américaine.

Il y avait foule lundi 9 février à l'ICART Bordeaux. La raison de ce rassemblement ? La venue du producteur exécutif de la désormais très célèbre série HBO, Game of Thrones :  Frank Doelger. Cet événement n'a laissé personne indifférent et c'est dans une salle comble que ce grand homme du petit écran à l’allure de lord anglais, est apparu avec force distinction. Lunettes en écaille et costume « chiquissime », Frank Doelger a tout du producteur américain, grand habitué des cérémonies de remises de prix prestigieux où se côtoient le tout Hollywood. À des milliers de miles des shows glamours, Frank Doelger s’est prêté avec bienveillance et humour au jeu des questions avec les étudiants, après avoir pris le temps de parler de son métier. Revenons sur ce dernier et découvrons les coulisses de la production…

Il est compliqué de définir assurément la fonction de producteur car il n'en existe pas de définition à proprement parler. La plupart des gens savent à quoi correspond le métier de réalisateur ou même d'acteur, mais celui de producteur est bien plus difficile à qualifier. Qui sont alors ces dizaines de noms que l'on voit défiler à la fin d'un film ou d'une série, dans un générique souvent ignoré ? En réalité, la plupart de ces personnes n'ont rien à voir avec la production ; il y a donc une différence entre le métier de producteur et ce que l'on appelle les « credits » qui sont la présence des noms au générique de fin, souvent pour des considérations liées à l'argent, la vanité ou encore l'ambition, comme nous le précise Frank Doelger.

 

 

Il faut tout d'abord distinguer la production cinématographique et la production télévisuelle, qui sont totalement différentes aux États-Unis.

Au cinéma, le réalisateur permet au film de passer du script à l'écran en prenant toutes les décisions créatives. Décors, costumes, lieux : tout doit passer par lui afin qu'il puisse donner les recommandations nécessaires à ses équipes. Il est aussi responsable de ce que l'on appelle la « post-production » ; le choix de la musique, les effets spéciaux et tout ce qui se fait lorsque le film a été intégralement tourné. Une fois ce travail réalisé, il s'occupe également du marketing et de la communication autour de l'oeuvre finie. Le producteur cinématographique, quant à lui, a deux fonctions principales. Il exerce tout d'abord une activité créative, consistant à aider la vision du réalisateur à se matérialiser à l'écran en l'assistant dans toutes ses décisions. Parallèlement à cela, il assure un rôle financier pour vérifier que l'argent alloué au film est utilisé de façon raisonnable et efficace.

Ces missions étant particulièrement fastidieuses, les producteurs ont souvent à leurs côtés des partenaires pour les aider, notamment sous la forme d'équipes de production, car ils sont généralement sur plusieurs projets à la fois.

Il faut savoir qu'en moyenne, sur vingt projets cinématographiques entrepris, un seul aboutira réellement en un film à proprement parler. Un producteur efficace se doit donc d'anticiper ces choses-là et de penser au film suivant avant même d'avoir terminé celui sur lequel il travaille.

 

Frank Doelger à l'ICART, École de médiation culturelle

 

Intéressons nous à présent à la production télévisuelle et plus spécifiquement à celle des séries.

Quatre à six réalisateurs ont travaillé sur chaque saison de Game of Thrones ; qui en a alors supervisé l'aspect créatif ? Il est impossible que ce soit l'un d'entre eux car ils sont égaux et aucun ne peut mettre en avant sa vision créative plus qu'un autre. C'est alors le producteur exécutif qui joue ce rôle ; en l'occurence Frank Doelger et ses partenaires. Ils réalisent le casting, choisissent les lieux de tournage, travaillent avec les écrivains, les designers, les costumiers, etc. Les réalisateurs se concentrent alors sur le tournage du film et son montage. Le travail d'un producteur exécutif à la télévision est donc complètement différent de celui au cinéma, c'est lui qui détient la « creative vision ». La production (non exécutive) à la télévision est en revanche, beaucoup plus technique ; budget, emploi du temps, effets visuels, etc. Lorsqu'une récompense est attribuée à une série elle revient aux producteurs exécutifs.

Frank Doelger compare la production télévisuelle à un orchestre : quatre équipes travaillent sur le tournage de Game of Thrones en Irlande, Croatie, Espagne et au Maroc. Ils savent tous ce qu'ils ont à faire et connaissent leur métier par cœur ; mais qui s'assure qu'ils évoluent dans la même direction ? Il s'agit bel et bien du producteur exécutif, le chef d'orchestre de tout cela.

Pour illustrer cet exemple, Frank Doelger choisit de nous parler d'une de ses productions précédentes : la série Rome. Ses partenaires et lui-même voulaient recréer la célèbre ville antique italienne, mais de manière complètement différente. Seul problème : personne ne savait à quoi cela pouvait alors ressembler.

Appelé pour tourner un nouveau pilote pour la série, le premier n’ayant pas rencontré le succès escompté, Frank Doelger s'est rapidement rendu compte, notamment en consultant les différentes équipes, que personne n'avait eu de directives claires concernant le projet.

 

Dans une librairie où il faisait quelques emplettes, il est tombé sur un livre à propos de Calcutta, ponctué de fantastiques photographies des habitants, des rues et des bâtiments de la ville. Il a alors pensé que Rome, il y a plusieurs siècles, devait ressembler au Calcutta d’aujourd’hui : chaotique, vibrant et dense. Il a alors décidé d'acheter quarante copies de ce livre et de les distribuer afin de permettre aux équipes de visualiser ce à quoi Rome devrait ressembler selon lui.

Concernant Game of Thrones, le problème était différent ; il fallait créer beaucoup de mondes différents et y incorporer des cultures et personnages tout aussi éclectiques.

Ils ont alors imaginé les royaumes comme étant réels et se sont demandés comment il était possible d'y accéder, ce que les gens portent, mangent, comment ils construisent leur maison et autres données qui se rapportent à leur mode de vie et à l'environnement dans lequel ils sont censés évoluer.

« Dans quoi peut-on boire ? » est une question qui s'est, par exemple, posée. En prenant l'exemple de Winterfell et en tenant compte de ce qui pouvait exister dans cette région, des récipients faits d'os d'animaux ont été fabriqués, car il était évident que de simples verres n'étaient pas envisageables, contrairement à King's Landing où les matières premières sont plus riches et la vie plus faste.

Pour chaque question de ce type, les équipes étaient mises à contribution pour trouver des réponses adaptées.

Un jour de tournage, Frank Doelger se baladait sur le plateau et aperçu des roses rouges du côté de Dragonstone. Il demanda alors au directeur artistique comment elles étaient arrivées là et où est-ce qu'on aurait pu les trouver ? Il lui répondit qu'il voulait simplement ajouter un peu de couleur au plateau. Le producteur exécutif lui demanda alors de trouver des choses rouges que l'on pouvait trouver à Dragonstone ; il était impossible d'introduire une couleur aussi vive à l'écran sans perturber les repères du spectateur. En effet, il est conditionné de manière à ce que certains éléments, comme la coupe de cheveux ou encore les vêtements d'un personnage, le renvoie automatiquement à un des royaumes à l'univers bien défini. La spécificité de cette série réside dans son originalité, nécessitant une créativité immense, assurée par les différents producteurs exécutifs et leurs équipes.

Voilà un aperçu du rôle de producteur exécutif dans une série comme Game of Thrones et plus particulièrement celui de Frank Doelger, qui a su diriger d'une main de maître ce grand orchestre durant quatre saisons. « You are starting from nothing and creating something » ; cette phrase prononcée à la fin de son discours, résume assurément son métier, ainsi que sa vocation créatrice et surtout créative.

Nous remercions Frank Doelger pour avoir accepté de rencontrer les étudiants de l'ICART Bordeaux, ainsi qu'avoir partagé avec eux le quotidien de son métier et répondu à leurs questions. Peut-être a-t-il contribué sans le savoir à influencer la vie professionnelle future de certains ? À suivre dans le prochain épisode …

 

Mylee CARRÈRE – ICART 2 Correspondante ICART Bordeaux

Photos : Simon Benatar, EFJ 1

 

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