Hugo Sélignac en Masterclass : les dessous du métier de producteur
Les étudiants de l’école de médiation culturelle ICART ont eu l’opportunité d’assister à une masterclass exclusive avec Hugo Sélignac, l’un des producteurs les plus en vue du cinéma français. Avec L’Amour Ouf et Le Royaume en lice pour les César 2025, il est revenu sur son parcours, ses succès et ses échecs, offrant un regard sincère et sans concession sur le métier de producteur.
L’apprentissage par l’expérience
Hugo Sélignac découvre très tôt sa passion pour la production. Son premier stage d’observation auprès de Charles Gassot a été une véritable révélation : il veut devenir producteur. Ce qui l’attire dans ce métier ? La possibilité de travailler sur plusieurs projets à la fois, d’être impliqué du début à la fin et, surtout, de repérer et accompagner des talents.
Enchaînant les expériences à divers postes – régie, mise en scène, décoration – afin d’acquérir une solide connaissance du terrain, il choisit finalement d’intégrer une petite structure où il peut élargir son champ d'expertise et approfondir ses connaissances du métier. Il rejoint alors Alain Attal en 2003 et évolue au sein de sa société Les Productions du Trésor (Ne le dis à personne, Les petits mouchoirs, Polisse…) passant de stagiaire à assistant, puis producteur exécutif jusqu’en 2012.
Bâtir une vision cinématographique
Hugo Sélignac fonde alors Chi-Fou-Mi Productions avec pour objectifs : prendre des risques, défendre une vision et produire des films qui lui ressemblent.
Son premier film, La Marche, un projet ambitieux inspiré de la Marche pour l’égalité de 1983, ne rencontre pas le succès escompté, mais il en tire une leçon précieuse : « Je suis content d’avoir commencé par des échecs. Même après dix ans d’expérience, chaque projet apporte son lot de défis et d’incertitudes. Il faut accepter que ce soit long. Ce n’est qu’au bout du quatrième film que je me suis senti véritablement producteur ».
Interrogé par les étudiants sur la manière dont il choisit les projets qu’il soutient, Hugo Sélignac met en avant l’instinct, la curiosité et sa volonté de s’impliquer dès la genèse du film.
"J’adore démarrer un projet dès le début, quand il naît d’un désir, d’une phrase, d’un livre, ou d’un réalisateur avec qui j’ai envie de travailler."
Ce qui le fait vibrer, c’est l’accompagnement des talents. Il privilégie les réalisateurs qui ont un regard singulier, capables de raconter des histoires autrement, en témoigne sa prolifique collaboration avec Quentin Dupieux (Le Deuxième Acte, Yannick, Fumer fait tousser, Mandibules).

Le rôle du producteur : un chef d’orchestre de l’ombre
Être producteur, ce n’est pas seulement financer un film. C’est un métier qui nécessite une vision globale et une grande capacité d’adaptation. Le producteur coordonne l’ensemble du projet, de la conception à la diffusion, en passant par la gestion des ressources humaines et financières.
- Négocier les salaires du réalisateur, des acteurs et des équipes techniques.
- Gérer les budgets et arbitrer les dépenses essentielles.
- Accompagner le projet jusqu’à sa diffusion, en veillant à sa promotion et à sa stratégie de distribution.
Hugo Sélignac considère le montage comme « l’écriture finale du film ». Selon lui, cette étape est cruciale et nécessite des choix difficiles. Il faut savoir sacrifier certaines scènes coûteuses pour préserver la vision artistique. Cela requiert un pragmatisme indispensable, alliant rigueur et passion.
Un regard optimiste sur le futur du cinéma
Malgré les défis que traverse l’industrie cinématographique, Hugo Sélignac entrevoit un avenir prometteur pour le cinéma français. Pour lui, la France reste un pays privilégié pour la production, avec des dispositifs d’aide et un public curieux et exigeant.
"Être producteur, c’est un métier d’excitation et de doutes, une course de fond où il faut être curieux, et prêt à se réinventer sans cesse. Il ne faut jamais perdre cette pression de vouloir plaire au public, à la critique, à son entourage. C’est ce qui nous pousse à nous dépasser."
Un message inspirant pour les futurs professionnels du cinéma de l’école de médiation culturelle ICART, prêts à suivre son exemple et à embrasser, à leur tour, les défis de la production.
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