Raphaël Quenard en masterclass à l’ICART : une rencontre débordante d’énergie
« Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. » C’est par cette phrase empruntée à la méthode Coué que Raphaël Quenard a ouvert sa masterclass à l’école de médiation culturelle ICART, donnant immédiatement le ton d’un échange aussi inspirant que sincère. Devant un amphithéâtre comble, l’acteur césarisé, connu pour ses rôles marquants dans Chien de la casse, Yannick ou encore Je verrai toujours vos visages, a partagé avec les étudiants son parcours atypique, ses sources d’inspiration, et sa vision du métier de comédien.
Observer, ressentir, transmettre
Raphaël Quenard est revenu sur son parcours singulier : une formation militaire, des études de chimie, puis un virage vers le cinéma. Une trajectoire marquée par l’entêtement, la curiosité, une cinquantaine de courts-métrages, et une envie viscérale de ressentir, d’exprimer, de raconter. Une démarche qui fait écho à celle des étudiants de l’ICART, formés à observer le monde, à nourrir leur regard critique et à faire émerger des projets artistiques et culturels porteurs de sens.
Face à eux, l’acteur a évoqué avec sincérité ses débuts, ses doutes, et les tournants décisifs de son parcours — notamment ses collaborations avec Quentin Dupieux ou le producteur Hugo Sélignac, que les étudiants ont eu la chance de rencontrer lors d’une précédente masterclass. Des rencontres déterminantes, qui l’ont conduit vers des rôles marquants dans Mandibules, Chien de la casse ou encore Yannick.
Il a également partagé sa manière d’aborder un rôle : « Je pense à mes rôles tous les jours. Je prends des notes. Je m’alimente de tout ce qui m’entoure. » Une attention constante au réel, une curiosité insatiable, et une volonté de rester à l’écoute de son instinct, sans jamais perdre la fraîcheur du regard : « J’aime la surprise et l’inattendu. Ce qui me plaît, c’est d’être là où on ne m’attend pas. »
Son inspiration, il la puise aussi dans son cercle intime — notamment dans la figure de sa mère — ainsi que dans les artistes qui ont forgé son imaginaire : Jim Carrey, Jack Nicholson, Philip Seymour Hoffman, Louis de Funès… Des interprètes aux univers contrastés, qui nourrissent son goût pour l’improvisation et la liberté.
Un échange formateur avec les étudiants
Pour les étudiants de l’ICART, cette masterclass s’inscrit pleinement dans un parcours où l’expérimentation, la passion et l’ouverture sont essentielles. Qu’ils se destinent à la production, à la programmation ou à la distribution, tous ont été sensibles à ce que Raphaël Quenard appelle « la grâce » : cette capacité à se laisser traverser, à rester en éveil, à voir le monde avec des yeux d’enfant.
Il les a invités à cultiver leur curiosité, à résister à la superficialité, et à créer des histoires intimes, profondes, qui résonnent avec ce qu’ils sont. Et surtout, à ne jamais renoncer à leurs désirs, même lorsque les débuts sont laborieux.
Une rencontre précieuse, à la fois ancrée dans le réel et portée par une exigence artistique rare.
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