Cinéma : la France, premier marché en Europe
Avec 181,5 millions d’entrées et une part de marché de 44,8 % pour les films français en 2024 selon le CNC, la France confirme sa place de leader du cinéma européen devant l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie. Mais derrière ce succès national, certaines régions jouent un rôle déterminant. Et parmi elles, les Hauts-de-France s’imposent comme une nouvelle scène majeure du 7ᵉ art, à la fois territoire de tournage, de production et de formation.
Des tournages toujours plus nombreux dans la région
Quel est le point commun entre La Vie d’Adèle, L’Amour ouf, En fanfare ou encore la série HPI ? Tous ont été tournés en Hauts-de-France, et souvent à Lille, devenue en quelques années l’un des pôles les plus attractifs pour les réalisateurs et les sociétés de production.
La région enregistre aujourd’hui près de 1 000 jours de tournage par an, un chiffre en constante progression, soutenu par Pictanovo et son réseau Film Friendly, qui accompagne les communes prêtes à accueillir des productions et simplifie les démarches logistiques et administratives.
Ce dynamisme s’appuie sur un écosystème solide : 1 200 décors “prêts à tourner”, plus de 400 techniciens spécialisés et 300 comédiens et figurants recensés dans la base régionale des métiers du cinéma. À ces ressources techniques et humaines s’ajoute une diversité de paysages et de décors naturels : des plages du littoral aux friches industrielles de Roubaix, des centres historiques de Lille et d’Arras aux espaces ruraux du Pas-de-Calais, les Hauts-de-France offrent une palette visuelle rare, capable de s’adapter à tous les genres et registres cinématographiques.
Cette richesse visuelle s’accompagne d’un maillage d’aides territoriales et de coûts de production compétitifs. Selon Bpifrance, un jour de tournage hors Île-de-France coûte 20 à 35 % de moins, un écart significatif qui renforce l’attractivité régionale pour les producteurs.
Les Hauts-de-France ont su tirer parti du mouvement de décentralisation du cinéma français amorcé depuis une dizaine d’années. Basée à Tourcoing, l’agence Pictanovo joue un rôle central dans cette dynamique : en 2024, elle a soutenu près de 220 œuvres, qu’il s’agisse de cinéma, télévision, documentaire, animation ou nouveaux médias, à travers ses différents fonds d’aide. On retrouve notamment :
L’Amour ouf de Gilles Lellouche, tourné à 95 % dans la région sur 88 jours de tournage, entre Dunkerque, Roubaix, Villeneuve-d’Ascq et Wattrelos.
La série HPI sur TF1 suivie par des millions de téléspectateurs et tournée à Lille, Roubaix ou encore Tourcoing.
Lire aussi : Le témoignage de stage de Léa, assistante de direction casting pour la série HPI
Grâce à ces tournages récurrents, les Hauts-de-France ne se contentent plus d’être un décor : ils sont devenus un acteur à part entière de la production cinématographique française. En investissant dans les œuvres, en accompagnant les équipes et en structurant les filières locales, la région récolte aujourd’hui des retombées économiques et culturelles mesurables, à la croisée du cinéma, du tourisme et du développement territorial.

Les étudiants de l’école de médiation culturelle ICART Lille au cœur de la création régionale
Dans le prolongement de la dynamique du cinéma et de l’audiovisuel dans les Hauts-de-France, les étudiants de l’ICART ont récemment participé à la finale des Créa Talents Day, organisée par Pictanovo au Fresnoy – Studio national des arts contemporains à Tourcoing.
Au programme :
- Pitchs de projets devant un jury de professionnels,
- Visite de l’exposition Panorama 27, qui rassemblait plus de 50 œuvres contemporaines,
- Rencontre avec le réalisateur Bun Chaï Ly (Loc Lac, primé en 2023) et son producteur Arnaud Demuynck, autour des enjeux de la professionnalisation et de l’accompagnement artistique,
- Remise des prix et networking.
Au-delà de la découverte de l’écosystème régional, cette expérience a permis aux étudiants d’observer les pratiques du secteur, de développer leurs compétences relationnelles et de commencer à bâtir leur réseau professionnel. Une étape concrète vers l’insertion et la compréhension des logiques de collaboration dans les industries culturelles et créatives.
Séries Mania, vitrine du dynamisme audiovisuel à Lille
Impossible de parler de la vitalité audiovisuelle des Hauts-de-France sans mentionner Séries Mania, le festival international des séries qui fait vibrer Lille chaque printemps depuis 2018. Véritable rendez-vous mondial de la création télévisuelle, l’événement attire chaque année plus de 100 000 visiteurs et plus de 5 000 professionnels venus de 75 pays, confirmant la place de la métropole parmi les capitales européennes de la production audiovisuelle.
Depuis 7 ans, l’école de médiation culturelle ICART a noué un partenariat avec Séries Mania pour permettre aux étudiants de s’immerger au cœur d’un événement culturel d’envergure mondiale en tant que stagiaire ou bénévole. Plus de 1 500 étudiants ont déjà eu ainsi l’opportunité de participer à cette aventure à travers des rencontres exclusives, des masterclasses et des expériences pédagogiques enrichissantes.
Lire aussi : L’ICART, partenaire de l’édition 2025 de Séries Mania
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