ICART Alumni : Co-fondatrice d'a.topos - un collectif curatorial

Yasmine Helou, diplômée en 2017 de l'école de médiation culturelle ICART, nous présente a.topos, un collectif curatorial basé à Venise.

Pouvez-vous nous expliquer votre parcours  ?

Italo-libanaise d’éducation française, j’ai vécu toute mon enfance au Liban. J’ai réellement évolué dans un “melting pot”, grandir entre Beyrouth et Rome me permis en effet d’avoir et d’utiliser une conscience multiculturelle et multilingue dans ma vie personnelle et professionnelle.

Au cours de mes études à l’ICART, j’ai eu l’occasion d’effectuer des stages dans plusieurs entités du monde de l’art, telles que des galeries d’art ou des musées, ce qui m’a donné toujours plus de certitudes quant à mon avenir académique et professionnel.

Après l’obtention de mon Bachelor, j’ai entrepris un master en “curatorial practice” au IED de Venise, en Italie, dans l’idée d’approfondir ma compréhension du monde de l'art contemporain et d’œuvrer pour sa promotion, ce qui de toute évidence, m’a conduit à cofonder a. topos, un collectif curatorial basé à Venise.

Qu'est ce que a.topos ?

Du grec - ατοπία, atopía - sans-abri, inclassable, d'une grande originalité.
Il décrit l'ineffabilité de choses ou d'émotions rarement vécues, exceptionnelles et originales au sens strict.

a.topos est un collectif curatorial né en 2018 qui a pour but de donner plus de visibilité aux artistes émergents et à renforcer la notoriété de ceux qui ne sont pas encore suffisamment exposés, d'organiser des expositions, et autres événements culturels, directement avec eux ou en collaboration avec d'autres organismes, au sein de notre espace d’exposition mais aussi ailleurs.

Sur un plan local, l’idée est de fournir à la ville un lieu pour exposer de l'art, promouvoir la pensée, créer des dialogues et partager des expériences au sein de la scène artistique internationale.
 

Comment votre formation à l’ICART vous a-t-elle aidée à concrétiser votre projet ?

Mes années à l’ICART représentent pour moi un point charnière dans mon parcours académique et professionnel dont je garde un très bon souvenir (et non pas uniquement à cause de la vie nocturne parisienne...).

D’abord parce que c’est là où j’ai commencé, là où j’ai fait mes premiers pas, où j’ai bâti les fondations de ma vie professionnelle. Puis, entre les cours, les stages et surtout les gens que j’ai eu la possibilité de rencontrer et de côtoyer, j’ai pu comprendre précisément ce que je voulais, et par-dessus tout, ce que je ne voulais pas de ce monde multi-face aussi fascinant que complexe que sont le Marché de l’Art et la Médiation Culturelle.

L’ICART et les divers projets dérivés, m’ont permis d’avoir une vision plus large et plus pragmatique du domaine, et m’ont implicitement guidée à la pratique curatoriale. En outre, la majorité des professeurs et intervenants étant italophiles, l’idée de continuer dans mon pays natal, l’Italie, me semblait une suite logique...! En somme, l’ICART a joué un rôle primordial dans mes choix post-bachelor, et continue encore d’influencer mes actions.

Comment voyez-vous l’évolution d’a.topos dans les années à venir ?

Nous avons imaginé a.topos comme un projet à long terme, pour le moment nous organisons surtout des expositions d’art contemporain dans notre espace, parce que nous sommes en premier lieu un collectif curatorial. Nous tenons beaucoup à rendre ces expositions dynamiques, en organisant notamment des évènements collatéraux tels que des talks en lien avec le thème traité ou encore des performances artistiques en relation avec l’exposition en question. Récemment par exemple nous avons eu l’opportunité de collaborer avec Nicolas Foubert alias Kryzastyle, l’un des performers du Pavillon français de la biennale d’art de Venise, qui s’est produit dans notre espace en tentant de refléter les différentes strates que les œuvres exposées de l’artiste Binta Diallo suggèrent, à travers son corps et ses mouvements.

Dans ce sens, nous voudrions qu’a.topos devienne une vrai plateforme multiculturelle, une sorte de Art Lab pour des évènements culturels en tous genres, des workshops, des projections de films et de vidéos, des activités éducatives. Nous souhaitons organiser des discussions et des débats avec des professionnels du monde de l’art et de la culture en général, créer une sorte de toile avec d’autres organismes culturels à l’international avec comme centre névralgique Venise, véritable point de chute du monde de l’Art contemporain en particulier durant la Biennale. Dans cette optique nous avons déjà plusieurs collaborations à notre actif, avec IKON Gallery et Jonathan Watkins entre autres !

Avez-vous des conseils à donner à nos étudiants qui souhaitent se lancer dans un projet entrepreneurial ?

Je pense que la détermination, les bons contacts et surtout une bonne dose d’enthousiasme sont essentiels dans la conception et dans la réalisation d’une entreprise... à l’instar des cours de droits de l’ICART, qui se sont en effet révélés incroyablement utiles !

Il faut assurément sortir, parler, écouter, rencontrer des gens... en gros ne surtout pas être pas sédentaire !

 

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