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ICART ALUMNI : Chargée de projet pour une agence d'Ingénierie Culturelle

Giulia Perlasca, diplômée en 2019 de la Spécialisation Marché International de l'Art de l'ICART, aujourd'hui chargée de projet chez Manifesto, nous présente son parcours professionnel et son métier.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours professionnel ? 

Je suis italienne, diplômée en Histoire de l’art. J’ai fait trois années d'études, puis un M1 à Padoue à côté de Venise. J'ai ensuite fait mon M2 entre Padoue et la Belgique, toujours en histoire de l’art avec un mémoire sur la photographe contemporaine Nan Goldin. J’ai un peu basculé de l’art classique étudié en M1, à l’art contemporain. Puis en 2018/2019, j’ai repris mes études à l'ICART en Spécialisation Marché International de l’art.

Vous occupez le poste de chargée de projet chez Manifesto, en quoi cela consiste et quelles sont vos missions ?

Je suis assistante chef de projet chez Manifesto pour la partie exposition, qui est une agence d’ingénierie culturelle et de conseil stratégique dans la culture, fondée il y a 5 ans. À l’agence, il y a deux branches : urbanisme et stratégie culturelle et organisation d’expositions.

Je suis arrivée en stage puis j’ai été embauché comme Project Coordinator, donc je suis entre assistante chef de projet et chef de projet. Mon rôle est assez varié, allant de la création de projet d’exposition, à garder les contacts avec le curateur, créer avec le curateur ou le musée la check liste, la liste des œuvres, les visuels etc. Il faut s’occuper de la mise en forme de la présentation, puis de la partie commerciale de vente d’expositions et ensuite du suivi. Il faut également suivre les rapports entre le musée, les régisseurs et tous les différents intermédiaires qu’il peut y avoir dans la réalisation d’un évènement.

Quelles sont les compétences essentielles pour exercer ce métier ?

Cela va de la chose la plus simple comme avoir une sensibilité artistique, avoir des bases en histoire de l’art, parler des langues étrangères car on travaille la plupart du temps en anglais. Je fais beaucoup de prospection en français, italien et espagnol. Ensuite, il faut avoir des connaissances internationales, s’informer de ce qu'il se passe dans le monde pour pouvoir ajuster la prospection en fonction. De plus, il y a aussi des compétences plus spécifiques au métier de chargé de projet comme savoir gérer des projets, travailler vite, être organisé, savoir utiliser les logiciels comme Indesign, Photoshop et savoir établir ses priorités.

Pourquoi s'être orientée dans ce domaine ?

J’ai toujours été intéressée par l’art et histoire de l’art depuis toute petite. Pour moi, travailler dans le domaine de l’art c’était : je vais être curatrice, travailler dans un musée, mais je n’avais pas vraiment d’idées claires sur ce que je voulais faire. Ensuite, j’ai fait des stages, j’ai travaillé en agence et ça m’a permis de voir quels étaient les différents postes qui existent dans le monde de l’art et aller vers une direction plus qu’une autre. J’ai donc fait de la production et des expériences en galerie. Ce qui me manquait, c’était la production d’exposition à plus grande échelle. C’est donc vers ça que je me suis orientée.

Avez-vous un projet sur lequel vous avez préféré travailler ?

Un projet qui a été malheureusement suspendu par le coronavirus et qui devrait probablement reprendre en automne. C’était une exposition plus petite qui devait se faire en France, j’ai beaucoup aimé travailler dessus. C’était vraiment très intéressant du fait que le montage de l'exposition est dans un lieu atypique. Cela m’a conforté sur le fait que mon travail est exactement ce que je veux faire.

Nous avons choisi avec les photographes, les œuvres à exposer ... Nous avons monté l’exposition, montré aux clients ce que ça allait donner. Le tout en parlant avec les scénographes et la graphiste. C’était vraiment de la production pure et dure d’exposition. Ça m’a vraiment plu.

Quelles ont été les conséquences de la crise sanitaire sur votre travail ?

Les répercussions étaient moyennes, grâce au fait que l’agence a des projets d’urbanisme et d’expositions qui sont sur le long terme (on parle de projets sur les prochains 5 ans, 6 ans ou encore plus). Ce type de projets ont été maintenus. Le problème était plus sur les projets à court terme, comme l’exposition dont je me suis occupée, qui devait être inaugurée le 18 mars. Ou encore, des projets d’expositions qui devaient débuter en automne 2020. 

Par contre, ce qui était réconfortant, c'est que j’ai continué à faire de la prospection et tous les musées que j’ai pu contacter m’ont répondu, chose assez inédite quand tu fais de la prospection. Cela a permis de créer un échange et de savoir comme cela se passait en Europe et aux États-Unis. Tout ce travail nous a permis de garder contact avec de potentiels prospects, avec qui nous sommes en train de négocier pour des expositions au-delà de 2021.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants de l'ICART qui souhaiteraient faire le même métier ?

Ce que je conseille, c’est quelque chose que j’aurais bien aimé que l’on me dise quand j’étais étudiante, c’est de vraiment faire le plus de stage possible, sans se soucier du salaire, même si c’est quelque chose de très important. Même réaliser des expériences professionnelles de quelques semaines non payées. On peut comprendre un domaine que lorsque que l'on est dedans. Donc il faut vraiment essayer de faire le plus de stages dans des domaines variés, pour voir ce qui est fait pour nous. Il est important aussi de discuter avec le plus de personnes possibles, profiter du fait que lorsque l’on est étudiant, les personnes t’écoutent plus que si tu étais en recherche de travail, parce que tu n’es pas une menace et tu peux poser des questions sans que les gens pensent “ça, tu devrais déjà le savoir”. Il faut aussi ne pas hésiter à contacter les personnes qui font le travail que vous souhaitez faire et leur demander des conseils. Et aussi essayer de s’impliquer au maximum, de profiter de ces expériences. 

Ensuite, je conseille toujours de voyager, de faire un Erasmus, un stage à l’étranger, de partir, de ne pas toujours rester en France. Les expériences à l'international permettent d'obtenir une ouverture d’esprit que tu n’as pas si tu as passé toute ta vie au même endroit. Et une dernière chose, il faut toujours être à l’écoute et toujours poser plein de questions surtout quand tu es en stage, être attentif, se demander comment mon travail pourrait être pro actif, qu’est-ce que je pourrais faire en plus pour être un atout, se pousser à sortir du lot.

Giulia PERLASCA

🎓 ICART 2019

🎥 Découvrir son témoignage lors d'une masterclass

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