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Un semestre au Canada : l'art au cœur de l'échange

Étudiante en 3e année de Bachelor à l’école de médiation culturelle ICART, Shéhérazade Bahmani a posé ses valises à l'Université du Québec à Chicoutimi pour un semestre placé sous le signe de la pratique artistique. Entre cours de théâtre, projets de cinéma et organisation d'une exposition, elle nous raconte son expérience.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis actuellement en troisième année d’études à l’école de médiation culturelle ICART. Je m’oriente vers le management artistique, avec pour objectif de devenir agente artistique. À plus long terme, j’aimerais créer ma propre agence, qui regrouperait plusieurs domaines comme le cinéma, la musique, les arts plastiques ou encore l’écriture.

L’idée est de pouvoir accompagner des artistes issus de différents univers, tout en favorisant les échanges entre disciplines. Je m’intéresse particulièrement à la manière dont on peut structurer et valoriser leur travail, tout en respectant leur démarche créative.

Pourquoi avez-vous choisi le Canada pour votre semestre d'études ?

Je ne connaissais pas l’UQAC (Université du Québec à Chicoutimi) avant de me renseigner sur les destinations proposées par l’école de médiation culturelle ICART. En explorant les différentes options, cette université s’est rapidement démarquée, notamment en raison de son orientation artistique et de son approche pédagogique très axée sur la pratique.

Ce choix correspondait parfaitement à mon projet professionnel, puisque je cherchais à sortir d’un cadre uniquement théorique. L’UQAC m’offrait la possibilité de m’immerger dans un environnement créatif et de me rapprocher concrètement du travail des artistes. C’était pour moi une opportunité de découvrir une autre manière d’apprendre, plus expérimentale, et de confronter mes connaissances à la réalité du terrain.
 

Quel était votre objectif en partant à l’étranger ?

Mon objectif principal était de mieux comprendre le milieu artistique en me plaçant du côté des artistes. En tant que future agente artistique, il me semblait essentiel de saisir leur manière de travailler, leurs processus de création, mais aussi les contraintes auxquelles ils sont confrontés.

Je souhaitais également compléter ma formation en France, qui repose davantage sur des apports théoriques, par une expérience plus concrète et immersive. Ce séjour à l’étranger représentait donc une opportunité d’enrichir mon parcours en développant une approche plus pratique et en découvrant un autre système académique.

Comment sont organisés les cours à l’UQAC ?

Les cours à l’UQAC sont très différents de ceux que je suis en France. L’enseignement repose principalement sur la pratique, avec une forte implication des étudiants dans les projets.

Je suis des cours de théâtre (avec deux approches différentes, dont une centrée sur la création et la mise en scène), de cinéma, d’écriture et d’arts plastiques. En écriture, je travaille actuellement sur un projet personnel de livre. En théâtre, nous préparons une représentation de fin de semestre.

Des intervenants extérieurs, notamment dans le domaine du cinéma, viennent également partager leur expérience professionnelle.

En complément, l’université propose régulièrement des ateliers accessibles aux étudiants, comme de la musique, de l’animation (avec des outils comme Blender) ou encore de la sculpture. Ces formats sont assez flexibles et permettent de découvrir de nouvelles pratiques en fonction de ses disponibilités.

Avez-vous travaillé sur des projets concrets pendant votre échange ?

Oui, et cela constitue l’un des aspects les plus formateurs de mon expérience. À la suite d’une présentation de mes expériences en France, un professeur m’a proposé de prendre en charge l’organisation d’une exposition de fin d’année.

Dans ce cadre, je suis responsable de la coordination des artistes, de l’organisation logistique de l’événement, qui se déroule sur plusieurs lieux et sur deux jours, ainsi que de la communication, notamment la création des supports visuels et la gestion des réseaux sociaux.

Ce projet m’amène à travailler avec des profils variés, chacun ayant des attentes et des démarches artistiques différentes. Il s’agit donc de trouver un équilibre entre leurs propositions et les contraintes liées à l’organisation d’un événement. Cette expérience me permet de me confronter directement aux réalités du métier et de développer des compétences concrètes en gestion et en coordination.

Quelles sont les principales différences avec vos études en France ?

La principale différence réside dans l’approche pédagogique. En France, les enseignements sont davantage théoriques, avec des évaluations souvent concentrées en fin de semestre. À l’UQAC, le travail est continu, avec des projets réguliers, des présentations et des rendus tout au long du semestre.

Cette organisation demande une implication constante, mais elle permet aussi de progresser de manière plus concrète. Je considère que ces deux approches sont complémentaires : la formation française apporte des bases solides, tandis que l’expérience à l’UQAC permet de les mettre en pratique.

Qu’est-ce que cette expérience vous apporte sur le plan académique et personnel ?

Sur le plan académique, cette expérience me permet de développer une meilleure compréhension du milieu artistique et de renforcer mes compétences pratiques, notamment en coordination de projet, en communication et en organisation.

Sur le plan personnel, ce séjour représente une véritable ouverture. Il m’a permis de découvrir un nouvel environnement, de m’adapter à un autre mode de vie et de gagner en autonomie. J’ai également eu l’occasion de voyager et de découvrir différentes villes, ce qui contribue à enrichir cette expérience.

Comment s’est passée votre intégration sur place ?

Mon intégration s’est globalement bien déroulée, même si je suis arrivée avec un léger retard. L’université propose une semaine d’accueil avec différentes activités, ce qui permet de découvrir le campus et de rencontrer d’autres étudiants.

Le campus est bien organisé, avec un système d’information clair (plans, agenda, activités, associations). Les équipes sont disponibles et réactives, ce qui facilite l’adaptation.

Comment est la vie étudiante à Chicoutimi ?

Chicoutimi est une ville à taille humaine, ce qui rend le quotidien assez simple à gérer. Tout est relativement proche, à condition de bien choisir son logement.

Je recommande notamment de passer par des groupes Facebook pour trouver un logement, car cela permet d’accéder à des offres variées. Il est important de privilégier un emplacement proche de l’université, des commerces et des transports, car les déplacements peuvent être limités sans voiture.

La vie étudiante est dynamique, avec des associations qui proposent régulièrement des activités. Par exemple, certaines organisations étudiantes proposent des sorties (comme du ski ou d’autres activités en extérieur) à des tarifs avantageux. Il y a également plusieurs équipements sur le campus, comme des installations sportives ou des espaces de vie, ce qui contribue à une ambiance assez conviviale.
 

Avez-vous rencontré des difficultés particulières ?

Je n’ai pas rencontré de difficultés majeures. L’adaptation s’est faite de manière assez fluide, notamment grâce à l’accompagnement proposé par l’université. Comme dans toute expérience à l’étranger, il y a des ajustements à faire, mais ils restent mineurs et ne constituent pas un frein au bon déroulement du séjour.

Cette expérience a-t-elle influencé votre projet professionnel ?

Cette expérience n’a pas modifié mon projet professionnel, mais elle l’a clairement renforcé. Elle m’a permis de confirmer mon intérêt pour le management artistique et de mieux comprendre les réalités du métier.

Le fait d’être en immersion dans un environnement artistique et de travailler directement avec des artistes m’aide à me projeter de manière plus concrète dans mon futur professionnel.

Quels conseils donneriez-vous à un(e) étudiant(e) qui envisage de partir en semestre d'études avec l’école de médiation culturelle ICART ? 

Je conseillerais de bien préparer son départ, notamment en prenant le temps de choisir ses cours en amont. Il peut être utile de se renseigner à l’avance, voire de contacter l’université pour s’assurer que le programme correspond à ses attentes.

Il est également important d’anticiper la question du logement, en utilisant notamment des plateformes comme Facebook pour trouver des solutions adaptées.

Enfin, je dirais qu’il est important de profiter pleinement de l’expérience, de s’impliquer dans les projets et de participer aux activités proposées. Cela permet de tirer le meilleur parti du séjour, tant sur le plan académique que personnel.

 


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