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La chronique culturelle #11

Rencontre avec Diana De Simone, étudiante en 4e année d'ingénierie culturelle à l'ICART Lyon, qui nous entraîne dans l'univers de la musique. À travers cette chronique, elle partage son regard sur l'industrie musicale contemporaine et explore les forces qui la traversent, de l'émergence de nouveaux artistes à l'impact du numérique sur la création. Entre conviction personnelle et analyse passionnée, elle nous invite à penser la musique comme un espace d'émotion, d'engagement et d'identité artistique.

Diana, étudiante en 4e année d'ingénierie culturelle à l'ICART Lyon, a emprunté un chemin atypique avant de trouver sa voie. Après le bac, elle prend deux années sabbatiques pour voyager seule et travailler, des années qu'elle décrit comme fondatrices, lui permettant de mûrir et de confirmer que la culture est ce qui la fait vibrer. C'est avec cette conviction bien ancrée qu'elle intègre l'ICART directement en 3e année en parallèle. Passionnée par la dimension sonore dans la création artistique, elle choisit de se spécialiser dans la musique, convaincue que celle-ci permet de transcender l'image et de transmettre des émotions là où les mots et les visuels atteignent leurs limites. Son parcours prend une résonance particulière au regard de son histoire personnelle : atteinte elle-même de problèmes d'audition, avec deux parents touchés par la surdité, elle fait de la musique non pas un obstacle, mais une nécessité et aspire à en faire sa signature en tant que future directrice artistique.

Comment est née votre passion pour la musique ?

Ma passion pour la musique est née très naturellement, dans le quotidien, grâce à mon grand frère. À l'époque, il était complètement immergé dans le rap US et les sons qui faisaient le début des années 2010. Il était toujours partant pour me faire découvrir de nouveaux morceaux, et même si je n'en comprenais pas un mot, on dansait ensemble, on riait, et c'était suffisant. La musique créait quelque chose entre nous qui dépassait le langage.

Quelques années plus tard, mes premiers concerts sont arrivés, et j'ai retrouvé exactement cette même sensation, décuplée. Cette impression d'être suspendue dans le temps, un bonheur difficile à expliquer mais immédiatement reconnaissable.

Je crois que c'est dans ces moments-là que je me sentais le plus moi-même. Et depuis, cette sensation ne m'a jamais quittée. Elle est devenue une boussole, et c'est elle qui guide aujourd'hui mes choix professionnels.

Quels sont les artistes, genres ou albums qui ont façonné votre regard artistique ?

Mes grandes références, ce sont Sade, Frank Ocean, Lauryn Hill, Cleo Sol, et plus récemment Rosalía avec LUX, qui m'a profondément marquée.

LUX est l'album qui m'a peut-être le plus bousculée ces dernières années (alors qu’il est sorti en 2025 haha). J'accorde énormément d'importance à la structure d'un album comme objet artistique à part entière, à l'image qu'il renvoie, à la cohérence de son univers. Et je n'avais jamais entendu quelque chose d'aussi unique : la diversité des langues, la puissance brute de la voix de Rosalía, la façon dont tout s'articule… c'est un album qui repousse les frontières de ce qu'on peut faire musicalement.

Mais LUX n'aurait pas existé sans des œuvres comme Blonde de Frank Ocean ou Love Deluxe de Sade, qui ont, à leur époque, redéfini ce que la musique pouvait être, dans sa forme, dans ses émotions, dans son audace et son avant-gardisme. Ce sont des albums qui ont tracé un chemin, et on en voit aujourd'hui les héritiers.

J'accorde aussi une place importante aux albums qui portent une voix politique et culturelle forte. DtMF de Bad Bunny en est pour moi l'exemple parfait : c'est un album qui dépasse la musique pour devenir un acte, une prise de position, une fierté culturelle assumée. Ce genre de projet mérite pleinement son succès, parce qu'il prouve que la musique populaire peut être exigeante, engagée et universelle à la fois.

Ce qui façonne vraiment mon regard artistique, au fond, ce n'est pas tant un genre musical en particulier, c'est cette capacité qu'ont certains artistes à construire un univers total, cohérent, où chaque détail compte. C'est ça que je veux apporter dans mon propre travail de direction artistique.

 

Quel concert vous a particulièrement marquée récemment et pourquoi ?

Sans hésiter, je dirais Luidji, qui est devenu l'un de mes artistes francophones préférés, justement grâce à ses concerts. Je l'ai vu trois fois, et chaque expérience a renforcé cette conviction.

Mais la première claque, c'est le 25 mai 2023 au Zénith de Paris. Je ne m'attendais pas à être autant traversée par ce concert. Tout y était : sa synergie avec le public, cette sincérité presque désarmante dans ses paroles et ses interprétations, les visuels, les instruments… Rien n'était laissé au hasard, et pourtant tout semblait naturel, vivant. J'ai complètement plongé dedans.

Et c'est lors de ce concert qu'il dévoile en live l'annonce de son dernier album, Tristesse Business Saison 00, c’était un moment très intime, on sentait que ça le touchait énormément. Cet album est pour moi un véritable chef-d'œuvre, et j'ai eu la chance de le voir le défendre à nouveau en concert quelques mois plus tard, ce qui a encore enrichi ma lecture de l'œuvre.

Ce qui me touche chez Luidji, c'est exactement ce que je cherche dans la musique et dans mon propre travail : une cohérence totale entre le fond et la forme, entre ce qu'on dit et la manière dont on le met en scène. Il n'y a pas de superflu,  juste de l'essentiel, porté avec une sincérité rare.
 

© LuidjiUniversal Music France

L’été approche avec son lot de festivals. Selon vous, quels événements se démarquent cette année et quelles tendances observez-vous dans la programmation ?

Je n'ai pas encore arrêté mes choix pour cet été, mais les envies sont là, et elles guident déjà mon regard sur les programmations.

Ce qui me frappe cette année, c'est une vraie porosité entre les genres. On sent que les festivals les plus intéressants ne cherchent plus à s'enfermer dans une identité musicale unique. Des événements comme les Nuits Sonores à Lyon, We Love Green à Paris ou encore Garorock assument des line-ups où le rap côtoie l'électro, le R&B, les sonorités afro ou latino, sans que ça sonne forcé. C'est le reflet d'une génération d'auditeurs qui ne s'est jamais vraiment enfermée dans une case, et les programmateurs l'ont compris.

Ce que j'observe aussi, c'est que les festivals qui se démarquent aujourd'hui sont ceux qui proposent une expérience globale, pas juste une scène et des artistes, mais un univers visuel, une attention portée à chaque détail de la mise en scène. Et ça, en tant que future directrice artistique, c'est exactement ce qui m'intéresse et m'inspire.

Le Golden Coast s'annonce également très réussi. Ce qui me plaît dans leur approche, c'est qu'ils n'ont pas hésité à mélanger les générations : on retrouve des figures comme Rohff aux côtés d'artistes bien plus récents comme Jeune Morty, et cette cohabitation donne vraiment envie. Je note aussi avec plaisir que Dakeez, un artiste lyonnais, est annoncé à l'affiche. C'est important de voir des festivals soutenir les jeunes artistes locaux et leur offrir une vraie visibilité, c'est ce genre d'initiative qui fait vivre une scène sur le long terme.

Pour cet été, je garde l'œil ouvert, mais c'est clairement vers les événements qui brisent les frontières de genres que mes envies me portent.

Quel sujet ou actualité récente dans l’industrie musicale vous a particulièrement interpellée ?

Le sujet qui m'interpelle le plus en ce moment, c'est sans conteste l'impact de l'intelligence artificielle sur la création musicale. Et ma position est claire : je suis inquiète, sur plusieurs fronts à la fois.

Ce qui me dérange profondément, c'est la menace que l'IA fait peser sur l'authenticité et l'émotion dans la musique. Ce qui me touche dans un morceau, c'est de savoir qu'un être humain l'a traversé avant de me le faire traverser, qu'il y a une douleur, une joie, une expérience de vie derrière chaque note. Une IA peut reproduire des structures, imiter des styles, générer des sons convaincants. Mais peut-elle ressentir ? Évidemment que non. Et c'est précisément là que ça pose problème.

Il y a aussi la question de la dévalorisation du travail des artistes. Quand une IA peut produire en quelques secondes ce qu'un musicien met des années à construire, qu'est-ce que ça dit de la valeur qu'on accorde à la création humaine ? C'est un signal inquiétant, surtout dans une industrie qui peine déjà à rémunérer correctement ses artistes.

Et puis il y a les droits d'auteur, un vide juridique béant. Les modèles d'IA sont entraînés sur des œuvres existantes, souvent sans consentement ni compensation. C'est un pillage silencieux qui n'a pas encore trouvé de réponse.

Je pense que notre rôle est justement de défendre ce qui fait l'irremplaçable dans la musique : l'humain, le vécu, l'imperfection qui touche. L'IA peut être un outil, mais elle ne doit jamais devenir l'auteure.

Selon vous, quelles sont les grandes tendances musicales du moment ?

Ce qui est frappant aujourd'hui, c'est que les tendances se superposent et se répondent, parfois en contradiction, et c'est ça qui rend la période passionnante.

On observe d'abord une fragmentation des formats. Les albums raccourcissent, les interludes deviennent des morceaux à part entière, les snippets suffisent parfois à créer le buzz avant même une sortie officielle. TikTok et les Reels ont profondément reconfiguré la manière dont la musique se diffuse : un son de 15 secondes peut propulser un artiste inconnu en quelques jours. C'est une réalité avec laquelle toute l'industrie doit composer.

Et pourtant, en parallèle, on assiste à un vrai retour du vinyle et de l'écoute active. Comme si une partie du public résistait à la consommation rapide et revendiquait le droit de prendre le temps d'écouter un album en entier, dans l'ordre, avec intention. Ce sont deux mouvements opposés qui coexistent, et je trouve ça sain.

Il y a aussi cette hybridation des genres qui s'intensifie : des artistes comme Theodora, Nathy Peluso ou Raye brouillent les frontières entre le rap, la pop, les musiques traditionnelles, l'électro. Les cases n'ont plus vraiment de sens.

Je vis toutes ces évolutions de manière plutôt positive. Ce sont des transformations naturelles, portées par une génération qui consomme différemment mais pas moins intensément. En tant qu’acteurs et actrices, je pense que c'est à nous de comprendre ces codes pour mieux servir les projets et les artistes, sans les subir, mais en les utilisant intelligemment.

Comment les réseaux sociaux, notamment TikTok, influencent-ils aujourd’hui la découverte et le succès des artistes ?

C'est un sujet sur lequel j'ai une vision nuancée, parce que la réalité est complexe.

Personnellement, je découvre quelques fois des artistes via TikTok. Je passe plus par les playlists, le bouche à oreille, ou les concerts, des modes de découverte qui impliquent une écoute un peu plus attentive. Mais je ne peux pas ignorer ce que les réseaux sociaux ont changé dans l'industrie.

TikTok et les Reels ont ouvert une fenêtre immense pour les artistes indépendants. Des artistes sans label, sans budget promotion, ont réussi à toucher des millions de personnes grâce à un son qui résonne au bon moment, au bon endroit. C'est une démocratisation réelle de l'accès à la visibilité, et ça, c'est indéniablement positif.

Mais il y a une face moins reluisante. Cette logique virale crée une pression réelle sur les artistes à produire de la musique "TikTokable", des sons conçus pour accrocher en 15 secondes, au détriment parfois de la profondeur, de la narration, de la construction d'un univers. On optimise pour l'algorithme plutôt que pour l'émotion.

Et puis le succès viral ne garantit pas une carrière durable. Combien d'artistes ont explosé sur les réseaux pour disparaître aussi vite ? La viralité n'est pas une discographie. C’est là où il est nécessaire pour l’artiste en question de poursuivre quasi immédiatement derrière avec un projet qui soutient son image, comme un tremplin.
 

En quoi votre formation à l’ICART vous aide-t-elle à décrypter l’industrie musicale actuelle ? Y a-t-il un projet vous avez réalisé dans le cadre de votre formation à l'ICART et dont vous aimeriez nous parler ?

Ma formation à l'ICART m'a offert des clés de lecture précieuses pour comprendre l'industrie musicale, notamment grâce à la qualité des intervenants qui enseignent cette matière. Ces professionnels du secteur m'ont permis d'appréhender concrètement des sujets complexes : la diversité des contrats existants (contrats d'artiste, d'édition, de licence) ainsi que la pluralité des métiers et des postes qui structurent cette industrie. Au-delà des aspects juridiques et professionnels, cette matière m'a véritablement ouvert les yeux sur le fonctionnement global de l'écosystème musical : comment il s'organise, comment il se finance, quels en sont les acteurs clés. C'est une compréhension que je n'aurais pas pu acquérir seule, et qui me semble indispensable pour évoluer avec pertinence dans ce milieu.

Dans le cadre du Flex Festival, j'ai eu la chance de co-concevoir et de réaliser, avec une équipe vraiment soudée, une soirée pluridisciplinaire autour de l'art urbain, Collateral. L'événement réunissait des disciplines aussi variées que le nail art, la danse, le DJing, la photographie, le chant et le rap, autant d'expressions qui cohabitaient dans un même espace pour célébrer la créativité sous toutes ses formes. Ce projet m'a profondément marquée, non seulement parce qu'il a été une réussite sur le plan organisationnel, mais surtout parce que le public y a été particulièrement réceptif, séduit par cette diversité artistique. Vivre un projet de A à Z, de la conception à la réalisation sur le terrain, en voyant le résultat enthousiasmer les spectateurs, c'est une expérience qui confirme que c'est bien dans ce type d'événements hybrides et vivants que j'ai envie d'évoluer.
 


 

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Quel rôle aimeriez-vous jouer dans cet écosystème à l’avenir ?

À l'avenir, j'aimerais évoluer vers la direction artistique dans l'industrie musicale. Ce qui me passionne, c'est l'idée de construire et de porter une vision artistique globale, que ce soit autour d'un artiste, d'un label ou d'un événement musical.

Le rôle de directeur·rice artistique m'attire parce qu'il se situe exactement là où la créativité devient stratégie : choisir les orientations esthétiques d'un projet, façonner l'identité visuelle et sonore d'un artiste, veiller à la cohérence de son univers à travers chaque prise de parole, chaque visuel, chaque scène. C'est un métier qui demande à la fois une sensibilité artistique forte et une vraie capacité à fédérer des équipes autour d'une vision commune.

Ce qui m'a confirmé dans cette direction, c'est notamment l'expérience du Flex Festival : concevoir une soirée pluridisciplinaire mêlant danse, rap, photographie, DJing ou encore nail art, c'est déjà penser de manière artistique et globale, comment des disciplines différentes peuvent coexister et former quelque chose de cohérent et d'impactant. J'ai ressenti dans ce projet le plaisir de donner une direction, une couleur, une identité à un événement.

C'est cette dimension, être au cœur de la création, au service des artistes et des projets, qui me donne envie de m'orienter vers la direction artistique comme fil conducteur de ma carrière. Cependant, je ne suis pas fermée à l’idée d’évoluer autrement dans l’industrie musicale, je suis preneuse de toutes les opportunités qui me permettront de développer mes compétences au sein de cette dernière.
 

Les recommandations culturelles de Diana

💿 Un album ou un titre culte qui vous accompagne depuis toujours ?
En album, je dirais Blonde de Frank Ocean, sans hésitation. C'est une œuvre qui m'a marquée par la puissance des messages qu'elle transmet et par la fraîcheur qu'elle a apportée à l'industrie musicale à sa sortie.

En titre, je choisirais Je te promets de Zaho. C'est un morceau qui me ramène directement à mon enfance, je l'aimais énormément quand j'étais petite et j'en suis très nostalgique. Il y a quelque chose de particulier avec les chansons qui nous accompagnent dès le plus jeune âge.

🎶 Un lieu à (re)découvrir à Lyon pour écouter de la musique ?
Je dirais le Hot Jazz Club pour découvrir le jazz avec un côté intimiste et le Sucre pour sa programmation éclectique.

👀 Un clip qui vous a marquée, que ce soit par son esthétique ou sa narration ?
Sans hésiter, Commando de Shay, réalisé par Guillaume Doubet. Le clip est très inspiré de Sin City et on le ressent beaucoup. Je dirais surtout que c’est le genre de visuels que j’adore voir dans la musique : ce côté presque cinématographique, ça change tout.

👂Un podcast ou un livre sur l’industrie musicale à conseiller ?
Je dirais MyMusicsAds pour le côté business et Mouse Cast pour le côté histoire de la musique.

📱Un ou plusieurs comptes Instagram / TikTok à suivre pour se tenir au courant de l’actualité musicale ?
@Shimmya_ pour suivre l’actualité musicale ! J’adore leurs formats réels de concerts, ils ont également sorti 3 éditions de magazines si je ne me trompe pas et ils proposent de super playlists. Il faut soutenir les médias indépendants !

@maxwell_records également : il décortique bien des morceaux récemment sortis ou même ceux de films comme Marty Suprême.

 

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