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Rencontre avec Ashok Adicéam, directeur de l’Institut Culturel Bernard Magrez

L’EXCELLENCE AU SERVICE DE L’ART


Rencontre avec Ashok Adicéam, directeur de l’Institut Culturel Bernard Magrez

Dans le cadre des « Rencontre avec », Ashok Adicéam a convié les étudiants de l’Icart, à l’Hôtel Labottière, pour une visite privée tout à fait exceptionnelle de l’exposition « L’Etoffe du Temps » dont il est le commissaire. Après avoir commenté chacune des œuvres, il a retracé son parcours et témoigné de son expérience puis il a répondu aux questions des étudiants avec bonne humeur et générosité…

« L’Etoffe du Temps » rassemble une vingtaine d’œuvres (sculptures, peintures, photographies, vidéos, installations, la plupart réalisées en ce début de XXIème siècle) qui viennent, chacune à leur manière, éclairer notre rapport au temps. Sur le perron de l’Hôtel Labottière, magnifique hôtel particulier du XVIIIème siècle entouré de jardins à la française, « Le Gisant Youri Gagarine », œuvre de Xavier Veilhan, qui symbolise la conquête vaine de l’espace et du temps, accueille le visiteur. Tout aussi spectaculaire, dans l’entrée du bâtiment, la statue de l’artiste franco-chinois Huang Yong Ping représente un éléphant qui vient de muer (le temps de la métamorphose !). D’une grande poésie, une vidéo de Mircea Cantor montre une ronde de femmes en blanc marchant sur un sable blanc, chacune balayant les traces de celle qui la précède. Elle fait face à une immense fresque d’Anselm Kiefer, sur les reines de France, alignant une série de prénoms à côté de cadres vides. Dans les salons, trois œuvres majeures arrêtent nos pas : « Femme assise » de Picasso, « Quatre femmes sur socle » de Giacometti et « Le silence est d’or », monochrome d’Yves Klein fait de feuilles d’or. L’exposition présente également des œuvres de Jean-Michel Othoniel, Roman Opalka, Marc Desgrandchamps, William Kentridge, Brigitte Aubignac, Laurent Grasso…, autant de valeurs sûres (ou montantes) de l’art contemporain. « Notre ambition est de montrer des chefs-d’œuvre au grand public et de lui raconter l’histoire de l’art en train de se faire. Pour cela, tous les vendredis soir, des rencontres sont organisées avec des artistes de l’exposition » a expliqué Ashok Adicéam.


Né en 1970 à New Delhi, d’un père français et d’une mère indienne, il a grandi à Paris où il s’est installé avec sa famille à l’âge de sept ans. Après des études de sciences politiques, il a travaillé pendant quatorze ans à l’étranger, dans le réseau des alliances et centres culturels français rattaché au Quai d’Orsay puis, à partir de 2008, il a été directeur du développement du Palazzo Grassi/Pointe de la Douane de Venise où sont exposées les œuvres de la collection de François Pinault.
A Bordeaux, ses fonctions sont multiples : il est à la fois manager, programmateur artistique, commissaire d’expositions… « Je dois, d’une part, gérer au quotidien l’Institut, diriger sa programmation artistique et, d’autre part, conseiller Bernard Magrez au développement de sa collection ( mais c’est lui qui décide tout seul face à une œuvre qu’on lui aura conseillé !). Mon rôle est aussi de favoriser l’échange et la rencontre avec les artistes afin d’établir un programme de commandes et d’acquisitions. Bernard Magrez consacre aux acquisitions et aux commandes un budget annuel de l’ordre de 200 à 250 000 euros, (budget sensiblement supérieur à celui du FRAC Aquitaine) ; celui de l’Institut oscille entre 1 et 1,3 millions d’euros au total! Nous venons d’acquérir trois œuvres magnifiques à la FIAC : de Sam Taylor Wood, Philippe Cognée et Pae White. Le public pourra bientôt les découvrir à l’Hôtel Labottière. »
Initiative privée de mécénat artistique, l’Institut culturel Bernard Magrez est né de l’envie de l’homme d’affaires bordelais, propriétaire d’une quarantaine de vignobles à travers le monde, de partager avec le plus grand nombre son amour de l’art et de ceux qui le font. Lieu dédié aux manifestations culturelles, l’Hôtel Labottière accueille également en résidence de jeunes artistes sélectionnés sur des critères d’excellence, de potentiel et d’ambition.

« L’Etoffe du Temps », De Picasso à Othoniel, jusqu’au 15 janvier 2012 à l’Institut culturel Bernard Magrez, 5 rue Labottière, à Bordeaux. Du mercredi au samedi de 12 h à 18 h et le Dimanche de 14h à 18h . Visitées guidées à 16 h. Nocturne le vendredi jusqu’à 20 heures.
www.institut-bernard-magrez.com

Photographies de Sarah Arnould et Douglas Guillot Skupien