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Plongée dans la production d’expositions avec Louise, en stage au Jeu de Paume

Louise Peissel, étudiante en MBA Spécialisé Ingénierie Culturelle et Management, majeure Art et Patrimoine à l'ICART, a effectué un stage au Jeu de Paume, où elle a pu découvrir les coulisses de la production d’expositions. De la gestion des œuvres au suivi des projets d’exposition, elle a acquis une expérience précieuse au sein de l’un des centres d’art les plus emblématiques du paysage culturel contemporain.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre parcours à l’ICART ?

Je m’appelle Louise Peissel et j’ai suivi une formation à l’ICART sur le campus de Paris. Après des études d’économie à l’Université Panthéon-Sorbonne Paris 1, j’ai décidé de réorienter ma formation vers le milieu culturel. J’ai intégré l’ICART en 4ème année pour le MBA Spécialisé Marché International de l’Art. Durant cette année de formation bilingue, j’ai découvert les enjeux du marché de l’art, endossé le rôle de médiatrice lors de la foire AKAA, co-produit une exposition et j’ai eu l’opportunité d’effectuer un stage au festival des Rencontres de la Photographie d’Arles. Puis pour ma 5ème année, j’ai rejoint le MBA Spécialisé Ingénierie Culturelle et Management, majeure Art et Patrimoine à l’ICART. Cette dernière année d’étude s’inscrivait dans mon envie de travailler au sein d’institutions culturelles et a notamment été marquée par l’organisation de la 17ème édition du Prix ICART Artistik Rezo pour l’art contemporain. J’ai eu la chance de terminer mon cursus par un stage au sein du service des expositions du Jeu de Paume.

Qu'est-ce qui vous a motivée à postuler pour un stage au Jeu de Paume ?

Si j’ai choisi de postuler au Jeu de Paume, c’est d’abord en raison du lien personnel et intellectuel que j’entretiens avec ce lieu depuis plusieurs années. Mes visites régulières, combinées aux cours d’histoire de la photographie suivis lors de ma formation, ont nourri en moi un intérêt profond pour ce médium et, plus largement, pour les approches curatoriales qui y sont développées. Intégrer un établissement qui occupe une position centrale dans le paysage de l’image contemporaine représentait ainsi l’occasion d’approfondir mes connaissances tout en me confrontant à la réalité d’un centre d’art dont les enjeux techniques, artistiques et logistiques se rencontrent à chaque étape du projet. La production m’attire depuis le début de mon master à l’ICART, car c’est un domaine qui permet d’être au plus près du projet dans toutes ses dimensions, qu’il s’agisse de la coordination artistique, du suivi technique ou de l’organisation générale des expositions.

Pourriez-vous nous donner un aperçu de votre quotidien ?

Mes missions ont été particulièrement variées. Le suivi des listes d’œuvres et des demandes de prêt m’a amenée à développer une rigueur dans la gestion documentaire, tandis que la coordination de la signalétique et la collaboration avec le service des éditions m’ont permis de comprendre en profondeur les mécanismes de la chaîne éditoriale. La participation aux réunions de scénographie, la rédaction des comptes rendus et le suivi des décisions m’ont appris à structurer l’information, à anticiper les conséquences techniques et à renforcer ma capacité d’analyse. Le travail autour de l’encadrement, la vérification des cadres existants et la gestion de leur réutilisation m’ont confrontée à des tâches très concrètes qui exigent méthode, précision et sens pratique. De même, les déplacements en laboratoire pour le suivi des tirages photographiques m’ont offert une approche plus sensible des enjeux techniques liés à la production des images. J’ai également pu observer et accompagner le travail avec les prestataires lors des phases de montage, un moment décisif où les intentions artistiques rencontrent les contraintes matérielles. Cette immersion au cœur du processus a renforcé ma capacité d’adaptation ainsi que mon aisance dans les échanges professionnels, tout en développant mon sens des priorités dans des contextes souvent exigeants. Participer à des projets tels que les expositions Madeleine de Sinéty, Martin Parr ou Jean Painlevé m’a permis de mesurer l’ampleur et la diversité des processus de production. Chaque projet a constitué un terrain d’apprentissage différent, mobilisant des compétences variées en communication, coordination, suivi technique et gestion du temps.

Y a-t-il un projet ou une mission en particulier qui vous a marquée ?

Le projet qui m’a particulièrement marquée est celui consacré à Madeleine de Sinéty. J’ai beaucoup apprécié découvrir cette artiste et son travail, que je ne connaissais pas auparavant. L’exposition reposait sur un important travail de recherche et de documentation, notamment autour de son exploration du village de Poilley en Bretagne. Ce projet a mobilisé de nombreux acteurs, notamment la Médiathèque de la photographie et du patrimoine, ce qui m’a permis de comprendre l’ampleur du travail collectif nécessaire à la construction d’une exposition. J’ai eu l’opportunité d’accompagner les équipes du Jeu de Paume lors de déplacements en laboratoire pour le suivi des tirages, d’assister aux réunions avec le commissaire d’exposition et l’ayant droit, et d’observer les échanges autour des choix de sélection et de présentation des œuvres. Cela m’a particulièrement marquée car j’ai pu mesurer l’attention portée au respect du témoignage de l’artiste, à la fidélité de son regard et à l’histoire qu’elle raconte à travers ses images. J’ai ainsi découvert combien les décisions curatoriales, éditoriales et techniques participent à construire un récit cohérent et respectueux de l’œuvre.
 

Madeleine de Sinéty, New-York, 1972 © Succession Madeleine de Sinéty

Quels aspects de votre formation en MBA Spécialisé Ingénierie culturelle & Management, majeure Art & Patrimoine à l’ICART vous ont été particulièrement utiles pour relever les défis de ce stage ?

La dimension professionnalisante de la formation, à travers les études de cas, les projets collectifs et les interventions de professionnels, m’a préparée à travailler avec des interlocuteurs variés (prestataires, équipes techniques…), à m’adapter aux imprévus et à gérer les priorités dans des contextes exigeants. Les projets menés durant le MBA Spécialisé m’ont ainsi fourni des outils concrets en coordination, communication et gestion du temps, directement mobilisables lors de ma participation aux expositions.

Qu’est-ce que ce stage vous a apporté sur le plan professionnel et personnel ?

Ce stage m’a apporté une véritable immersion dans le fonctionnement concret d’un centre d’art. Cette expérience m’a donné davantage de confiance en moi et en mes compétences. Être impliquée dans des projets d’envergure m’a permis de mesurer ma capacité à contribuer activement à un travail d’équipe. J’ai appris à mieux gérer les priorités, à travailler avec des interlocuteurs variés et à m’adapter à des contraintes techniques ou organisationnelles parfois imprévues. Il m’a également permis de développer ma capacité d’analyse et ma compréhension globale des différentes étapes de production d’une exposition. Cette expérience a confirmé mon intérêt pour la production d’expositions et a renforcé ma motivation à évoluer dans le secteur culturel.

Qu’avez-vous découvert sur la façon dont se construit la programmation artistique et culturelle d’un musée comme le Jeu de Paume ?

Au cours de mon stage, j’ai découvert que la programmation artistique et culturelle d’un musée comme le Jeu de Paume s’inscrit dans une temporalité longue et stratégique. Elle est pensée en amont, souvent deux à trois ans avant la présentation des expositions au public. Cette anticipation permet d’articuler les projets entre eux, d’assurer leur faisabilité technique et budgétaire, et de coordonner les nombreux partenaires impliqués. J’ai également pris conscience de la multiplicité des acteurs qui participent à l’élaboration d’une programmation : direction artistique, commissaires d’exposition, artistes, institutions partenaires, prêteurs, galeries, mais aussi équipes internes (production, régie, communication, éditions). Un autre élément déterminant est l’enjeu de la circulation des expositions. Nombre d’entre elles sont conçues pour voyager ou s’inscrire dans des coproductions internationales. Cette dimension influence directement la programmation, puisqu’elle suppose des calendriers coordonnés, des négociations entre institutions et parfois des adaptations scénographiques ou éditoriales. Elle s’inscrit dans une démarche de transmission, en proposant des regards renouvelés sur des figures majeures comme sur des artistes moins exposés. Les expositions de Martin Parr et de Jo Ractliffe en sont l’exemple. 

Le Jeu de Paume présente actuellement l’exposition Global Warning de Martin Parr, qui aborde notamment les dérives de nos modes de vie. Que pensez-vous de cette exposition ? Selon vous, l’art doit-il être le reflet des enjeux sociétaux contemporains ?

Global Warning marque la dernière exposition pensée par Martin Parr. Elle rassemble les travaux du photographe britannique autour de thématiques qui interrogent nos modes de vie : surconsommation, surtourisme… Son regard, empreint de couleurs vives et d’humour, invite à prendre du recul face à des scènes du quotidien qui en deviennent absurdes. Martin Parr était un grand observateur, et la scénographie de Kevin Lebouvier soutient très justement son propos, notamment à travers ces fenêtres qui amènent le public à observer autour de soi. Cette exposition m’a permis de redécouvrir le travail de Martin Parr sous un aspect plus sensorielle. De l’attendrissant à l’écœurant, chaque image nous fait voyager à travers leur narration.  L’art est, par définition, un acte d’engagement. À ce titre, l’artiste porte un regard critique et engagé sur la société par le simple fait d’exercer son art.
 

→ Jeu de Paume
30 janvier - 24 mai 2026

1 Pl. de la Concorde, 75008 Paris
www.jeudepaume.org/

Que diriez-vous à quelqu’un qui ne connaît pas le Jeu de Paume pour lui donner envie d’y aller ?

Le Jeu de Paume est un centre d’art dédié à l’image sous toutes ses formes, en particulier à la photographie et à la création visuelle contemporaine. C’est un lieu où l’on peut découvrir des artistes majeurs comme des regards plus singuliers. Je dirais à quelqu’un qui ne le connaît pas de se laisser porter par les images, de prendre le temps de regarder, de ressentir, sans forcément chercher à tout comprendre immédiatement. Chaque exposition propose une immersion différente, une manière particulière de raconter le monde à travers la photographie, la vidéo ou les archives. Et surtout, je lui conseillerais d’y revenir : l’expérience n’est jamais tout à fait la même. Selon le moment, l’exposition ou même notre propre état d’esprit, le regard change, et c’est ce qui rend la visite toujours unique.

 

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